"Noël de soldat" #8


Aujourd’hui, dans notre chronique « Noël de soldats », c’est l’un des derniers témoins de Bir Hakeim qui raconte son Noël plein de simplicité et de joie :

« La veille de Noël, selon la tradition, le major qui commandait le régiment vint en personne, revêtu d’un tablier, pour servir ses hommes sous une grande tente. Nous y étions bien sûr, et le repas un peu plus soigné qu’à l’ordinaire fut très joyeux, accompagné de chants. Dans la nuit, sachant que le père Lacoin allait dire la messe de minuit, nous partîmes Birman et moi à une heure de marche et assistâmes à la messe, en plein air évidemment. Au retour, nous nous installâmes sous ma tente pour réveillonner. J’avais reçu la veille un colis de Noël de ma marraine de guerre contenant des choses que nous ne mangions jamais, et notamment du saucisson et des friandises.

Pour m’éclairer, j’avais confectionné une loupiote avec un bocal de verre muni d’une mèche d’étoupe et alimentée avec de l’essence. Cela suffisait et, en dégustant nos victuailles arrosées d’un vin de Crête que notre brave père Lacoin avait pu se procurer, nous fêtâmes joyeusement ce Noël 1942. D’autant plus que nous avions encore un fond de Calvados que je gardais précieusement pour les grandes occasions. »

Extrait de J’étais fusilier marin à Bir Hakeim.

Posté le 24/12/2019 par Pierre de Taillac

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